Le FinOps est un outil pour aider plus que pour surveiller

Une des pratiques FinOps consiste à analyser finement la facture des ressources Cloud, de façon à pouvoir l’attribuer au bon projet et donc à la bonne équipe. Cela permet de voir des tendances dans l’augmentation des coûts et de procéder à des comparaisons entre projets, voire entre entreprises.

Lorsque ces analyses de tendances ou de comparaisons font apparaître d’importants écarts, il est important d’en comprendre les causes. Sans intention de blâmer les ingénieurs ayant mis en œuvre la technologie. D’abord parce que des décisions business peuvent avoir entraîné ces variations ; par exemple, une offre d’essai gratuit généreuse ayant eu un gros succès peut entraîner des conséquences inattendues sur la consommation des ressources Cloud. Ensuite, si les concepteurs de l’application ou de l’architecture technique n’ont pas toutes les informations en main, il est compliqué de réaliser les bons choix. Ainsi, certains n’ont tout simplement pas conscience des coûts qu’ils induisent au moment où ils créent l’application.

Dans certaines entreprises, les tableaux de bord réalisés dans le cadre du FinOps permettent de mettre à l’honneur certaines équipes qui ont su atteindre leurs objectifs de réduction de la consommation de ressources, ou au contraire d’épingler celles qui n’auraient pas réussi. C’est un choix de management. Mais ce système n’a même pas forcément lieu d’être dès lors que les équipes sont informées des conséquences de leurs choix techniques ; c’est ce qu’on appelle “l’effet Prius”.

L’effet Prius appliqué aux ingénieurs

“L’effet Prius” a été observé et théorisé quelque temps après le lancement à succès du véhicule hybride de Toyota, qui permettait de voir en temps réel les conséquences de sa façon de conduire sur sa consommation d’essence. Cela a conduit un certain nombre d’automobilistes à modifier leur conduite, à l’adapter pour consommer moins, presque à la façon d’un jeu : quelle vitesse adopter, quelle accélération est-elle possible, pour avancer sans enclencher le moteur thermique ? A quel moment lever le pied pour recharger la batterie ?

Tout conducteur de véhicule électrique a pu, depuis, expérimenter ce phénomène grâce aux écrans d’information intégrés - certains véhicules à essence ont même intégré le dispositif. Car disposer d’une information en temps réel permet d’adapter son comportement en conséquence, et c’est exactement ce phénomène qu’on retrouve avec les équipes DevOps.

La beauté de cet effet Prius, c’est qu’il n’y a même pas besoin de formuler des recommandations, ou d’inciter les gens à optimiser leur travail : ils le font eux-mêmes. L’immense majorité des gens aime le travail bien fait et souhaite éviter le gaspillage. Si elles sont informées en temps réel des conséquences de leurs choix, les équipes IT auront à cœur d’optimiser l’architecture, le code, le paramétrage…

Sur son blog, le directeur de la FinOps Foundation, J.R. Storment, raconte qu’une entreprise qui dépensait des millions dans le Cloud n’avait pas pensé à instaurer ce mécanisme de feedback immédiat. Lorsqu’elle l’a fait, une des équipes IT a rapidement constaté qu’elle dépensait plus de 200 000 dollars par mois sur des environnements de développement dont elle n’avait finalement pas grand besoin. Largement de quoi embaucher d’autres ingénieurs !

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